L’illusion des illusionnés

Je me souviens de ce moment exquis
La dernière latte avant la fessé,
Où les maux de passes passent
Si c’est un pur désir.
Convainquant l’absence d’aimer,
Aussi perdu qu’un flic en civil,
Un corps violent
Une petite fleur,
Et toutes ces hantises noyées dans les plus beaux culs-secs
Où balade le regard désabusé.
La beauté parisienne sans la pédanterie mondaine,
Ce que l’espace tend,
En tant de guère
Quand la muse bouche
Les mots d’où ?
L’orpheline attelle.
Payer son tribu à une horde d’adoleschiantes,
Frapper de ses poings la voûte céleste
Mourir de n’être qu’un homme
Et balance ton corps.

L’illusion des illusionnés

Un matin lent de mains

Au chemin des quatre arpents il y avait cet enfant qui répare à tord mes avances en tombant dans les pommes. Me choyant jusqu’au bal dégueulasse où il y avait tous ces gens raides à se taire, je t’y déclarais ma flamme en rose. Ce n’est que plus tard, alors que je voguais enfin dans une brise unifiante, casiment perdu en voix de lettres que nous aperçûmes la mine aux tords. Poursuivi de ces « plus jamais » que j’aimais je me suis enraciné en liesse dans tous ces bouquets mystères. Je savais qu’en état de psy-chose on me demanderait des comptes de faits, et tous ces bouts d’amour en amarre, alors que moi j’éprouvais mes aventures. Un autre matin à l’air libre mais un peu louche, de ceux où les moineaux pas moins que rien s’abandonnaient au plaisir simple d’être ensemble, tu n’étais plus là : sobres et nues tes cendres à la mer. À ces heurts perdus j’éreintais encore la langue au lac des signes parmi les mecs créant du bord d’elle. J’y cherchais la promesse qu’un ciel se couche avec mes montagnes russes drôlement linéaires. Après tout, on s’offre du souvenir et dans les beaux draps ma rapière acérée.

Un matin lent de mains

L’habile et le moine

Tous ces lestes d’un con sans cieux m’ont mis l’eau à la bouche. Pastilles d’amour prosternées face aux rouages sans adage de toutes ces choses que je ne connais pas. Un hôtel particulier, la chaleur de la rocaille sous mes pieds flétris. A table on me demande si je suis venu en train ou en avion, et face à ma liberté d’apparaître quelque part je réponds simplement que je ne sais plus. Du bleu du ciel au luisant des poissons, je ne vois finalement que des morts dans la mère. Si j’entends descendre le froid c’est que l’Amour est faux et l’Art mure la pourriture des intestins pendant le festin d’éternité. Ce lien livre ma tâche comme un jet défendu : fou est caché. Tandisent que mes résistances dansent et paissent, elles ont la philosophie mais pas les fleurs. « Qui nie cadeau n’a plus d’insulte à son arc » me répétait mon père payant des pots de vin au maître. Moi je me resservais un verre remplit de rien l’air un peu louche avec ma voix sourde. Plus tard on m’a dit que la beauté se porte ouverte mais je continue de penser que le bonheur, parfois, c’est des aujourd’hui qui se succèdent.

L’habile et le moine

Mirabelle au Maroc

Quand je me suis laissé regarder de travers, il y avait cet homme aux visions plein la visière. Il me parlait d’une femme mûre aux pans d’or détalant en avalanche vers les confins d’aventures. Elle était haute comme trois pommes et belle comme un soleil à l’abri du monde. Son ambition, prohibée, et sa prohibition en chasteté décomposaient sa folie en liesse. Avec tous ses restes guettés d’une tristesse lumineuse, elle avait mis l’enclume dans sa poche. Comment grandir en état dame ? Tombé comme on choie, dévoué à tutoyer sa bouche il avait débandé afin que sa part tienne. Aujourd’hui, perdu parmi tous ces débris de mots mal axés, il murmure que « fleurs fanent quand femme née. » Parfois, l’émoi ondule mal car la minute rie quand le temps passe. Il savait pourtant que l’or loge dans l’enjeu sexuel des tempéraments, mais pas que la lutte déclasse.

Mirabelle au Maroc

La version du Père

Aujourd’hui ma barbe a touché mon torse pour la première fois. Sevré de sève et presque grand j’ai joui sur tes seins. Toi tu me regardais là et lasse de toutes ces foutraises, perdue entre la sale détente et la salle des fêtes. Moi, toujours dans ma salle d’attentes j’ai croisé Crucifière ; ils nous ont menti sur Jésus et les putains qui nous sortent de la bouche. Pourtant j’en ai sucé des cierges couché dans les mosquées anonymes. Une de plus au rang des test amants. L’un divin, l’autre vainqueur divaguent sur un vain cul qui traînait. Puis j’ai éclairé le néant à la lumière de mes néons, et je l’ai vomi tellement fort que son coeur en palpitait éperdument. Après tout, l’absurde m’absout d’absolu quand le tremblement se fait entendre, et je m’interroge quant au Tout, puissant.

La version du Père

Novembre au balcon

Tous ces ils élémentaires concaves,
Toutes ces elles emplumées convexes.
Une matière qu’on fuit,
Les moments d’extase dans l’arôme antique.
Le silence du mistral sur mon toi panoramique,
Et tous ces verres brisés d’Inconnu.
La sexuelle adresse du mâle adroit.
Tous égaussés de l’existence,
En regards dansent
Les renards d’hier.
Les cheveux longs des filles,
Un Novembre au Japon
Et une légèreté de montgolfière.
Tous ces hauts mots d’esprit,
Invraisemblables tests amants.
Les problèmes de ce maître au lit
Et le ciel sans le feuillage des étoiles.
Les nuages de ce lent gage qui astreint,
A l’espoir, ensemble.
Le reste peut bien attendre.

Novembre au balcon

La somme à Sion

Tandis que j’évidais mon corps en saignant dans cet écrin d’Eve, j’ai abandonné le jeu pour redevenir brute, sans âge, sans couleur. Après tout j’ai amère les gris sans nuance, la platitude sans attitude et je suis parti de la pleine en laissant la portière ouverte au sommet de l’hécatombe. De toute façon les saveurs sont parties en vacances, pendues aux lèvres qu’on soumet sans démettre d’aventure, là où gisent maîtresses entortillées. De l’essentiel je n’ai retenu que lui, le fort en goût, l’entorpillé dans la torpeur, l’avenir des choix tracés écrits au singulier. Après avoir mis l’ancre dans son épave, à défaut d’en parler, j’ai isolé les hypothèses mal orthographiées et j’ai réifié à l’envers, car ça je savais l’écrire. Et finalement je pense le Savoir sans émotion, la preuve: pierre qui moule n’amasse pas rousse et, à Nagoya les japonais.

La somme à Sion

La torpeur dans la douceur Masaï

J’ai commencé par la faim en affinant la silhouette de mon manque, en crachant sur mon ombre pour mieux regarder la terre tourner. Puis j’ai sorti ma toupie, tout pile à l’heure et je l’ai regardé à en perdre la face, on a bien marché sur la lune infidèle mémoire. Moi je n’ai jamais arrosé mon champs, probablement par paresses, moi j’épiais les paires de fesses en marchant, on réfléchit mieux en marchant. Moi je n’entendais pas, d’en bas, l’orage murmurer ses déchirements, l’effroyable crissement de cette porte ouverte à toutes les fenêtres d’impossible. Tous ces actes d’essais et toutes ces belles tentatives, enfin la réussite dans le vent frais et tourbillonnant de la pluie qui s’impatiente, la délivrance en quelques lettres: fin.

La torpeur dans la douceur Masaï

Le silence des livres

Un jour, assis sur un vieux caillou j’ai contemplé mon désarroi, et pour paraître plus vrai je lui ai raconté des histoires. Paraît-il que la montagne c’est public car il n’y a personne, moi je suis triste dans le privé, dos à la vie. A mi-chemin j’ai lâché les dernières branches en espérant toucher le sol, que voulez-vous la gravité m’attire et parfois je me dis que la vie est un couloir d’ascenseur.
Alors que j’étouffais pour léviter, un éléphant de pacotille m’a dit qu’il ne servait à rien de voyager dans les sept mers, qu’aucune ne me reconnaîtrait. Mais j’avais du mal à l’entendre, mon oreille droite bourdonnait depuis que l’autre était tordu. Du coup, lassé d’entendre tous ces gens parler du bon temps à l’imparfait je lui ai sobrement répondu que mes « je t’aime » ne sont pas perdus. Comme une virgule dans la phrase. Après tout, aime-t’on pour les bonnes raisons ? C’est aussi ma mauvaise foi qui m’a fait gagner le concours de la souffrance. Ouvert aux quatre vents, plus fort que la pluie en Mars, le réel de l’affamé décevant.
Puis le lendemain, presque au bout de ma vie j’ai mis la mort dans ma poche. C’était écrit sur un paquet de cigarettes et j’ai arrêté de boiter pour faire demi-tour, car c’est de ne point y croire qu’on a arrondi la terre.

Le silence des livres

Soleil de faits vrillés

Justifiant mes textes afin que rien ne bouge, j’ai aménagé mon espace et détourné des constellations pour que tout paraisse droit. Heureusement il n’y a pas que des cadavres dans mon sac-à-dos, et quand t’appelle la terre c’est la mère qui vient. Naturellement, j’éternue face à l’éternel que voulez-vous je suis pudique. J’en ai même prié le ciel pour en enlever le si, pourvu qu’elle m’aime et que j’en chie. Dans le désert de sel j’écrasais les cigales avec la corne de mes pieds cocus, j’aime ma muse et tant pis. Elle était là, toute coquette au milieu des gens coqués, et moi, rassuré de savoir que tout est partie, quand le soleil s’est couché j’ai allumé la lumière. J’y ai projeté le grand voyage dans ma tête, creusé des oasis dans le désert et asséché les océans putrides. Héros sans aventures, aventurier sans héroïne, ne vous méprenez pas de confusion la sollicitude est un fruit délectable en été. Soleils divers. Avide, j’ai regardé mon arbre grandir jusqu’à ne plus pouvoir l’étêter mais soyons clair, ce n’est pas l’amour du lait qui m’a fait lécher tes seins. Après tout ce sont les petites attentions qui font les grandes personnes.

Soleil de faits vrillés