L’à part hardi

Il était 15h30 au petit matin quand j’ai arrêté de pleurer. Hors de la monarchie du sommeil j’écourtais le bruissement de la liberté qui s’aplanit et je vivais « l’encore une fois » des printemps éternels face au « il était une fois » des comptes de faits. J’ai alors sagement fait ce que je savais faire de mieux, rien. C’était pour faire plaisir à ma mère. Mais, elle qui ne mentait jamais tout en étant incapable de dire vrai, elle qui se mêlait de tout en ne s’occupant jamais de rien, encore une fois, elle était déçue. C’est ainsi que, ma part hardie dans la poche et la mort dans les mains je m’interrogeais: les catins de mes sombres matins iront-elles au paradis ? Que faire de toutes ces victoires mises dans mon ganier ? En vérité je ne sais pas, et pourtant, partout je la vois partie.

L’à part hardi

La femme chauve sourit

Elle s’y était abandonnée
au corps musclé de l’envahisseur,
Elle l’avait enlacé
cet être mépris, créateur de terreur.
Parmi les siens
à qui de droit, elle fût jugée folasse
Parmi ses seins
elle accueillait éprise, la blonde tignasse.
On l’y croyait
aspirer le sang imbu de la patrie,
On l’y voyait
inspirée du sans dessus-dessous de la vie.

Et ce désir qui rend les âmes folles.
Et ce plaisir qui cloue les armes au sol.

Qu’avait elle porté
au rang des indignités collectives ?
Qu’avait elle parlé
des injonctions qu’on s’invective ?
Un instant libéré
de ses occupations elle se défait,
Un instant libellée
des préoccupations, du bienfait.

Répétition, toujours.
Répétition, amour.

Moi c’est au son du fusain
que j’aurais voulu la croquer,
Mais c’est au son des fusils
qu’elle fût de force libérée.
Et même si la roue tourne
répétition, toujours
Et même si la rousse tourne
répétition d’amour.

Elle en avait pleuré
larmes perdues et coeur meurtri,
Elle en était écoeurée
boucles perdues, crâne dégarni.
Mais aujourd’hui elle en sourit,
la femme aux chutes dorées,
Mais aujourd’hui elle sourit
car elle ne subit plus,

La tyrannie des désirs ratés.

La femme chauve sourit

L’affront tiers

Comme le manque contemple son propre trou quand la belle est la bête, à ton beau ouvert tu as muré le désir d’îles en écoutille. Moi je nous regardais à travers le hublot de la guillotine et j’y voyais tous ces monts vides dans leur passage à l’acte béton. Par la suite, au moment morbide des délices d’union, pris d’une verticalité folle j’ai fermé la portière et je me suis mis à délirer dans mon lanceur-géostationnaire-orbital. De là-haut ma place avait revêtu son bel uniforme, mais ayant grandi en il est vilaine je me faisais la réflexion que la modernité ça materne idées. Quand je suis redescendu, l’empereur m’attendais à la place du même nom, mais je n’y ai trouvé que la promesse d’un autre trou. Ainsi, saison après saison – rancœur de l’hiver emmuré – je me répète doucement : qui prima verra.

L’affront tiers

L’envahi danse

Nous, au début, au pied du tilleul
on s’moquait.
la clope au bec, ils étaient
ridicules avec leurs fringues carrées.
Quelques égorgements plus tard
et les seuls mots dans
leurs bouches sanglantes :
« l’ordre et la paix. »
Ils avaient habillé leur banale
violence de la splendeur des Eros
pris nos roses hérissées
d’épines proses, de nos erreurs.
Et tandis que nous heurtions
nos résistances prosaïques
au glas de leurs corps
métalliques, elle était là.
Dans la foule fuyante
à gare,
la grande professeure de
l’Histoire qui se répète,
l’experte en disques rayés.
Et dans nos corps meurtris
de nos sillons de larmes
nous on pleurait,
de ne l’avoir écouté.

L’envahi danse

L’Eden a ordures

Droit comme le marbre,
La tête ailleurs,
Le membre dressé à pourvoir au devoir
Je contemplais les braises sans baise.
Dans une maison brûlant de froid
En corps perdus à la cause
Je m’étais rendu aveugle
À moi-même.
Je ne me souviens plus de l’avant
Mais quand tu la tiens,
L’autre,
Les yeux dans les yeux
Je ne vois que mon désire mort
Pendu à tes lèvres infertiles.

L’Eden a ordures