Ils se chaussent

Il est là, dans de beaux draps, sa bien aimé lascive laisse entrevoir ses délicates fesses. Il se blottit, se sent envahi du bien être simple de jaillir entre ses seins. Sa main se promène, sublime son errance, s’enlise dans les reins de la belle. Les caresses obscures fusent dans les ténèbres de leurs ébats ; à l’aube, l’un l’autre – morts de fatigue – croquent la pomme. Une fois de plus la nuit fût courte dans la volupté d’un repos sans sommeil. Pourrait-il oublier l’entrejambe de ces dames que le soleil crible ; cibles de ses lèvres au matin. Caresses encore. Les peaux nues, entrelacées, toujours ivres, ne se lassent du repli des ténèbres et dévoilent les traces de leurs existences. Elle ; ses cheveux, mêlés, noués, ordonnés parfois tressés lui murmure « je l’aime ton corps si saillant, s’essayant dans le mien ». Il divague en pensées, traverse les mirages du passé, observe la douce au regard effronté. Leurs yeux qui scintillent ne pourraient occulter le tableau parfumé ; dessiné de leurs langues – des heures durant – au plaisir du bien fait. Alors ils s’embrassent, à nouveau agrippent le souvenir embrasant d’une nuitée sans faim.

Ils se chaussent

Un jour jouit des mots

Je vous écris d’un pays où personne ne parle.
Dans les méandres des enfers j’ai demandé asile,
Une fin d’après midi loin des ghettos
Des harems, ici où Madeleine jadis s’égarait,
Effarée,
Rarement effarouchée.
Demeurant à jamais juchée sur le rocher des rêves éveillés.

Du sommet des pitons je m’effiloche.
On a voulu m’arrêter,
Me stopper les étoiles,
M’estomaquer le parquet.
On m’a vu dans les plaines renvoyant les reflets de tes échos,
C’était si beau,
Si faux.
Et le jour est sombre comme la nuit malgré l’aurore boréale.

Les corbeaux harponnent le sourire des vieux qui marmonnent
Une vide appréhension.
Un peu à l’ouest alcoolisé il s’écrie :
« En majuscule moussaillon ! »
Car pour tout ballon qui s’envole il y a un enfant qui pleure,
Et ça c’est poétique.
Le vent posé sur ta plastique,
La brise prenant prise sur tes courbes éprises ;
Dérobade aux modes des humains.

Elle était là,
Nue,
Tiède,
A peine plus moite que morte,
Les seins moues et le sexe englué de sommeil.
C’est subjectif la beauté,
C’est comme la météo,
D’ailleurs il tombe des cordes
Et sous la pluie nord africaine,
Le sourcier pointe les nuages.

Un jour jouit des mots

Prière de laisser tranquille

Deux femmes, une aime
autre aimerait.
C’est au bord du lac que ça
se passe, arrive.
Une aime, autre peur de perdre
deux aimeraient
y croire, encore un peu
avancées – (en) avalanche.
Un lac deux femmes, une cage
personne n’est enfermé
respire encore.
Une aime autre l’aimerait
enfermée, cadenas perte
amitié.
Un saut, deux sauts, mouillées,
chemisiers collent, subliment
les corps, l’amitié, l’autre moitié
scellée.
Chair, deux poules, odeur de
vases courbes, regards croisés,
lèvres serrées, c’est là que
ça ne passe.
Deux femmes, une aime
autre caresse, se caresse
et regarde.
L’eau ruisselle et n’en revient pas
tant frissons courent,
parcours insinuent propager,
comme propagande
du désir, amitié.

Prière de laisser tranquille

L’inertie émouvante

Les désillusions nous concernent, des illusions nous conservent ; les yeux cernés, bloqués ouverts sur une fiole de vitriol mal consignée.
Comment dévisager l’envisageable, la méritocratie, vaste comédie ; ils veulent faire de nous des Sisyphe, moi je suis incisif dans mon lyrisme – Sion sinon onanisme – tu peux toujours courir après ta prison onirique.

Qui dicte ton comportement ; l’abbé prie dans l’abbaye, l’obéissance livre un libre combat – ici guerre de figurines -, le samouraï genou à terre implore une hésitation, pas de décapitation, une goutte perdue dans la joute, un peu d’action.
J’ai la faucille qui vacille, la rage facile, unanime, qui se colle aux fossiles de terre cuite ; le Corcovado titube – centurion de fin des temps – les pieux au sol, il tente l’arbre droit, sonne le glas scintillant du gladiateur sans Marie-Jeanne.

Nul besoin de campanile pour que ton nom résonne ; nénuphar vénéneux, perdu dans la flottille des mots qui m’assomment ; marrant comme il a eu fait le mâle, Masaï, et crié à l’éprouvante épouvante. Combien de battements volés ont suffit à vider ton cœur ; se l’extirper des poumons, entrailles primales emprises de laideur.

Quel accueil aux âmes en peine, sentence immatérielle, je chierais volontiers sur vos tombes matricielles, mais ce serait renoncer au plaisir abyssal de vous descendre, de votre piédestal.
Le marathon est fatigant ; je marche puis m’élance, lutte, ivre, rance, près des chimères acides – à l’assise parfaite – dont le souffle aride me plonge en transe. Je virevolte sans descendance dans l’observance tandis que l’espace-absence – environnement calme – couve tranquillement
l’éclosion du silence.

L’inertie émouvante

Fronde nuit

J’ai fumé de la mauvaise main comme on cueille le fruit de l’être, mon corps défendu. Il faisait si froid que je doutais de la fumée ; l’autre tir sa chasse comme une charrue en pleine trêve hivernale. Baliverne, le rouge est bouchonné, je ne mordrai pas à l’hameçon ce soir glacé. Parfois je fumerais bien le filtre avec, pour voir. « Il y a quoi derrière ? », l’envie sans ennui, il fait bien sombre à la lueur suante de ma fraise – bonne pomme que je suis. En promenade j’y songeais, comme on fuit dans la brune quand la rousse émoustille. Qu’enfer me colle, je me lance, sonne la charge, sûr de ma bipédie tangible ; les grands se regardent et dénient l’écrit des enfants automates. Ca me titille de lui dire, mais elle ne saurait l’entendre comme on demande du feu. J’ai fumé de la mauvaise main et ce n’était pas facile.

Fronde nuit