Lacéré par les armes des nuages asséchés, s’user d’ustensiles ostentatoires, factices. Avachi, enlacé, évanoui, s’adresser à des fauteuils de cinéma vide. S’écrier l’ultime affiché, l’écrire pour l’encrer. S’essayer à danser la valse unique, pris au piège de bras trop courts pour respirer. Asphyxié, sans autres combats amenés, pousser la chansonnette et l’abattre d’un pavé. Ne pas se tromper d’air, la flûte traverse hier comme un présent avenir. Embrasser telle une bouffée des lèvres non maquillées et puiser ses idées de cécités. A son corps, offrir une cirrhose en bouquet et dans la glace toujours ce mec qui regarde l’air un peu triste.
Ecoute.
Ecrire les choses de son temps un peu hors cadre. Exciter les pédales sans pétales quand on à la dalle et croquer la fin. Sur un tas de papier à cigarette consumé, écrire les lettres de l’amour mort. Que reste-t’il à offrir en partage ? Une jonquille ampli de tâches de rousseurs, cicatrices infâmes, thérapie ratée. Rendre compte de pensées une nuit égarée au soleil des larmes et construire sa charpente en écoutille pour ne plus partager deux mi-rages qui étayent la solitude comme une. Si la mer avance quand on recule dans le désert, au front, avancer. Situation impossible, mascarade sans camarade portant deux pleine d’espoirs au lointain. Y a que des dimanches cette année.
Auteur : Romain Mathy
La forêt de cèdres
Une nuit, alors que je voguais en songes sur mon Fjord, fièrement arçonné d’une parure d’ange, je vis passer la tienne, si sombre qu’elle m’aspira sans inspiration dans un caisson armé. Un jour pourtant, baladant mon hêtre sur les trottoirs de la lune je vis en vitrine l’effeuillage burlesque de nos existences insoumises. Platonique, comme à mon humble habitude, je bandais gaiement l’arc-en-ciel de mes cils, filandreux testaments d’une image qui se meurt et renaît en un battement sans violence. Si la lenteur manque à ce moment, comme les couleurs d’un arlequin monochrome, il n’en perd en rien je crois l’humidité d’un contraste haletant les fautes d’orthographe. Un lendemain, acheminé de l’esprit à la lueur de l’espoir, tu es morte, seule, définitivement perdue dans les nuages ensoleillés d’une pluie d’étoiles en zeste. Précipité d’amour, bouclée jusqu’aux oreilles décollées tu as tissé tout ce « si », exercé des soucis, a régné sur le coït laissant coi après son passage. Décoloré, décrépi, affamé, l’athlète aboli le plus ensanglanté d’efforts surannés ne peut qu’envier d’ornements le dernier tour de piste du clown triste. La lumière du jour, lampe ampli de filaments grillés d’existences passagères, fait fuir les amants les plus aimantés à l’idée de se voir. Admirer les courbes laissées en séquelles, des « ce voir » on en vit plein, et si le vide n’est rien qu’envie la terre déshabillée, fais le, car tu n’as que paroles.
Le monde du silence
Qu’entends-tu au fond de ta solitude
inaudible ?
Peux-tu sentir ma présence,
la lourdeur de mes pas ?
Sais-tu aujourd’hui qu’hier n’était pas
muet pour toi ?
Comment organises-tu ta vie
sans zoner sur l’onde sonore ?
Te rappelles-tu seulement de ton nom ?
J’aurai encore mille et unes questions,
mais peux-tu entendre telles résonances ?
Dans ton monde de silence.
Les réponses sont peut-être
au fond de tes yeux,
mais de ce regard cocker
je ne vois que la tristesse mienne,
de ne plus pouvoir te dire
je t’aime,
sans autre écho que le son de ma voix.
Lecture en rangs donnés
Ecrire sur le rien utiliser des mots violent
quasi arien. Isolée sur son il, elle trône
tranquille, prône la quille qui l’enivre et
offre la sensation de vivre. Se
gargariser d’ombres et de malheurs,
la lumière brûle assurément la rétine et
la pine n’offre guère de douceur. Le manque
de rien du gosse de riche effondré dans
son tout bien illusoire. Poser des mots
sur un papier, le plier, avion futile inutile
qui file au gré du vent. Abandonner
les filles proche des tornades ; le lien
ferme, attache et emprisonne. Rêve
empoisonné : être l’élu, tenter de se faire lire
plutôt qu’élire. Aimant peu attirant, attitré
inféodé aux images mensongers, raconter
un passé passif. Difficile de devenir actif.
Activation haineuse de manivelle, trôner
toujours sans opinel, un peu rouillé dans
les baskets volées à l’enfance déchirée. Sertir
la couronne colère avec les diamants
d’une rivière ensanglantée. Et toujours
ces putains de tâches de rousseur. Inventer
la brume pour masquer la beauté difficile, un-
possible portant le lointain près des phares
alourdissant les paupières. Au fond du gouffre,
proche du rocher, des récifs ; s’accrocher aux
ex, quémand, ces ex crémants émoussés. Molle,
la réalité attriste, n’attire guère plus
que des conflits infondés à la conscience.
Sortir son piolet sans picoler, le planter,
tenter de creuser. Triste outil du mal-femmé.
Escalader en cantonnades
des rites puérils entre camarades. Et
si les camarades rient, forcés,
c’est que l’inverse du sourire
est fané. Marre de mentir, du
mal à sortir une dent de lait enfoncée,
abandonnée depuis bien longtemps
dans le fruit piqué aux verres d’un pêché.
Pensées arborescentes, envahissantes, que
l’on veut montrer, exposer sa merde
aux autres: doux parfum de sociabilité.
L’abîme ou l’encrier coloré
En brasse la roue coule, surréaliste
élévation de la cloche. Se nourrir
d’autre chose que de pensées,
acquérir quémand la monnaie du
chenapan moqué. Envie d’envieux,
renarder gaiement la poule d’or. Et
s’estomper ronflant les côtés
argentés cuir d’un alliage impossible.
Le cuivre jamais répondu se
répandra peut-être en chants de
blé. Seulement alors, les pivoines
seront cueillis à point nommé.
Interrogation fugace, futile, agace
au lieu d’agrafer un désir en
ballottage mensonger. Les dires
l’écrire l’écrier, l’encrier ne se videra
jamais. Comme l’a miroité l’écolier
enchaîné dans sa tête de linotte, il
en a plein le cahier. Alors autant
courir, mûrir plutôt que mourir
entier. Jamais peloter la haine,
l’amour, la moitié d’une amitié. Je
vous embrasse à midi passé.
S’embrasser sans poigner les
erreurs du passé, seul le losange
affamé semble sourire au potager.
Lui, tranquillement retourne pousse
amenuise sans ennui, aucun, la
part d’ange du coquin. Rouge fanion,
parfois fané on le croise coquelicot
parfumé. Par fumer entendre le
message des indiens, anciens
animaux transformés en humains.
Deux pailles discutent de l’un tandis
que l’orage brume au lointain. Les
grondements éclaircissent le cœur
un peu hargneux de l’amour des
enchantés. Illusions et tâches de
rousseur, un lopin de vert en
jachère il eut ; ils ont la douceur. Jet
de pierres comme deux fleurs,
effeuiller les plumes entassées. On
se couche allongés, se prosterne
sans cacher un méandre au
singulier. S’affaisser comme le baiser
d’un plaisir partagé.
La petite montagne
Il la vit, enferme l’ennui dans l’oubli
profane la plume il prolonge le rien
reçoit des épines
en récolte les pétales.
D’amour et d’eau fraîche
il ressent son odeur, simple
perception le transforme prédateur.
Il écrit les lettres ouvertes
aux cœurs fermés
des illusions. Qui l’entoure ?
Sa force vient de la beauté
éphémère déplacement invariable, invisible de son flux
jusqu’au tien. Mouvement.
Elle est là sur un banc émergé,
immergée en marge
le regard badaud. Badine
en rythme se sublime
dans sa formidable errance.
Non –
chalamment elle s’esclaffe sans l’élégance
d’une rime. Aperçoit
un enfant qui ramasse les rêves
égarés des nuits sans sommeil.
J’ai vu un enfant qui
courrait, élancé dans le vent
petit aigle. J’ai vu un enfant
filer sans se soucier des tamtam
du temps ses bottes sont mouillées. J’ai vu un
enfant improviser dans l’habitude
la danse, j’ai vu
un enfant la nuit les pleurs les âmes
sans armes. J’ai
vu un enfant sésame
des existences.
Archives et nuages endimanchés
Le puissant fond
La mort en avant est la vie aux trousses. Lente et sexy la goutte de pluie, ses talents, embruns de folie sur ton corps. Dans mon lit ton nez perdu. Les traits peu marqués du sable ; lier des années ; les tâches de rousseur inventées. Vivement qu’on se mêle, anges comme la poussière dans l’aqueux d’une étoile. Ephémères tous ces corps affûtés qui mangent l’espace et nous bouffent le regard. Collision égale coalition – deux corps ceinturés à l’effrayante idée de maternité. Je me fais vieux mais « je » est la rumeur qui jamais ne faiblit, tant elle mise espoirs en ton coeur, trouver un forgeron.
Les fantômes acrobates
Ils s’enfuient, se suivent
écrasent l’ennui par l’absence,
prononcent l’impertinente patience
d’une étrange passion.
Perturbés ils osent suivre cette tendance
livrent un bon récit ;
luttent ivres deux danses,
pour l’heure mirifique sentence.
En transe ils plantent là le cadre chêne,
planent
se lient l’un l’autre et sèment
les fantômes acrobates des secondes ébènes ;
elle m’aime, partagée d’une mimique affamée
perdue dans l’errance des ronces.
Ils s’affrontent des roses,
s’irisent d’épines proses
abusent de l’éclatante fragrance dont ils disposent,
s’éloignent, se minaudent et
s’offrent une pose.
D’une ode prosaïque ils lancent à la cantonade
l’ « A très vite »: effrayante promesse
des attractions magnétiques terrestres.
Avenir.
Lie nos sens
S’avouer sans tricher
l’infinité simple, à portée,
plaisir.
Deux mains se tendent
tringlent l’ennui
s’enfuient au loin,
tellurique.
Et l’envie file
fille de joie féerique,
hystérie que j’empoigne,
bon prisonnier.
-Pris à parti liberté ;
écho d’apprentissage –
Coule l’absinthe,
roucoulent en corps
les rêves, un fossé,
inconscients révoltés.
Récolter les joues
roses pétales
jouer des feuilles,
l’amoureux pique, coud,
et dénoue ; renarder.


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