La lumière bleue
Des jours qui se suivent,
Une fatalité qui s’abat
Les circulations de nos échecs.
Portant l’abandon des lueurs crasses
Les paires de fesses
Se concèdent à elles-mêmes
Comme le rouge des cris.
Les chutes
Parades en dénis
Devant le son strident
D’un pipi au lit.
S’agirait-t-il de grandir
Une bonne foi
Pour toutes.
S’agitaient-t-ils les génis
Au son strident
D’un pipi au lit.
Les répétitions égarent
Sifflent dans le train train
De nos vies.
Les poncifs agars
Suent le jour comme la nuit.
Et les rats escaladent les murs
Et les murs eux
En rient.
Ils regardent de leurs yeux noirs
Un tapis lumineux dans la nuit
Qui éclaire leurs âmes
De déchets inassouvis.
Alors les mots lestent leurs armes
De décors abîmés
Enfin meurtris.
Moi je pense à sept femmes
Aux regards groguis,
Elles reprenaient une trace
Comme on se couche,
Elles reprenaient une trace
Comme on se couche la nuit.

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Juin 2023 (25)

La vie a un début puis une révélation silencieuse dont personne ne sait que faire. Elle est prétentieuse pernicieuse et ma foi, malgré tous mes sortilèges, tout le monde est mort. Parfois il neige alors que le piano frappe car toutes les bites niquent les sacrilèges. Comment enfin être seul, ceci est ma seule question, ma seule envie.

Se heurter sans se blesser aux rebords simples du fait d’être en vie, la journée jamais n’y répond car tout effondré que je suis ces choses se passent la nuit. Le soleil ne répond pas à mes envies. Il n’apporte que la morosité et l’ennui. Alors je fuis obstinément ce que je suis : un être habité de monotonie. Après tout le proverbe le disait : à chacun sa tristesse comme chacun fait son lit.

J’y entends pourtant encore toutes les touches qui se touchent et relancent à l’infini les regards comme inassouvis. Ils chantent avec amertume l’imperception de la déception que sont nos vies. Nous avions pourtant promis la fin des intersections comme celle des désirs assombris. Quelle idée impertinente, impétueuse, d’avoir cru faire taire à jamais nos entremetteuses.

Portant tout comme j’étais dans mon errance folle, je chantais bien le créole et tentais dans une autre langue d’invoquer nos monstres, nos trolls. Mais c’est bien au bord du précipice que j’ai finalement pris le temps, celui-là même qui d’habitude arrête et contemple tous ce qui s’immisce à tenter d’y être.

Alors, debout comme on débute une assise j’ai porté en elle le fantasme de ceux qui démontent les idées nauséabondes des cris meurtris. C’est enfin en regardant un jour le ciel que je me suis dis : quand je serai grand j’écrirais sur la nuit.

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Avril 2023 (25)

Pleine l’une

Tandis que je marchais dans les flaques, je pensais à mon voisin qui se disait « c’est encore l’imbécile du 3ème. » et ça me rendait heureux. Si mon retour à la psychanalyse, à la théorie psychanalytique, se faisait par l’amour d’une femme. Après tout, c’est à quinze ans que j’ai découvert mon père du soir, léger et heureux. D’ailleurs, peu importe les insultes que la nuit se charge de déverser sur les âmes inconnues. Tu seras là à mon enterrement. Ou je serai là ton enterrement. Et c’est dans longtemps. Je ne me languis pas que ça arrive, car ça me terrorise. Mais je me languis de pouvoir me repasser le film avec tendresse.

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Décembre 2022

Pleine l’une

Tout catatonique que j’étais, je pensais dire à mon autre qu’elle est omniprésente, mais aurait-il su me l’entendre dire ? Pourtant partout les charniers, pourtant, partout son éternité, pourtant, partout, tout le temps. Quand je fume un joint, quand je joue, quand je travaille, quand je marche avant de m’endormir, quand je respire, et même ici, avec vous, alors que je suffoque.


Elle est ma fidèle passion, ma grande obsession, mon grand allié, mon seul amour. Je vous parle bien évidemment de la mort qui s’évade. N’en ayons pas peur, car à ne points la nommer, elle ne saurait se faire attendre.


J’y ai perdu ce qui faisait mon essence, mon existence et mon grain. Je ne suis plus un poète, je ne suis plus un humain. Je m’exécute comme une sentence imprononçable. Mais, muré dans le silence des morts, les mots m’en pleuvent à la bouche comme s’ils tombaient à jamais dans l’impénétrable festin. Celui des autres qui dévorent et vorent… et vorent encore. Ils y inventent des mots malsains. Courent ou crachent ce qui pourrait cacher leur destin et, entrainer à choir, comme on échoue d’un bras d’une île, ils broient du noir quand se fait entendre la fin.

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Janvier 2022

Tant de guère

Gosse de riche que j’étais, mais ayant aperçu la notion des choses, je perdais mon tant à tenter de le mesurer, car il m’échappait comme autant de choses.

J’avais beau être toujours à l’heure, je faisais ici appel à l’inutilité, à la possibilité de se perdre dans la profondeur du rouge comme ailleurs.

Car de mon humanité à la fourmilière il a suffit d’une seconde atomique, du bruissement de gorge de ma nébuleuse à l’éventement des sulfateuses.

Nous sommes en guerre mon ami, et de ce rouage infernal je n’entends que le tic-tac interminable de tous ces « à temps » qui se succèdent et s’écoulent en murmures comme le sable lié des années.

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Octobre 2019

Tant de guère

L’à part hardi

Il était 15h30 au petit matin quand j’ai arrêté de pleurer. Hors de la monarchie du sommeil j’écourtais le bruissement de la liberté qui s’aplanit et je vivais « l’encore une fois » des printemps éternels face au « il était une fois » des comptes de faits. J’ai alors sagement fait ce que je savais faire de mieux, rien. C’était pour faire plaisir à ma mère. Mais, elle qui ne mentait jamais tout en étant incapable de dire vrai, elle qui se mêlait de tout en ne s’occupant jamais de rien, encore une fois, elle était déçue. C’est ainsi que, ma part hardie dans la poche et la mort dans les mains je m’interrogeais: les catins de mes sombres matins iront-elles au paradis ? Que faire de toutes ces victoires mises dans mon ganier ? En vérité je ne sais pas, et pourtant, partout je la vois partie.

L’à part hardi

La femme chauve sourit

Elle s’y était abandonnée
au corps musclé de l’envahisseur,
Elle l’avait enlacé
cet être mépris, créateur de terreur.
Parmi les siens
à qui de droit, elle fût jugée folasse
Parmi ses seins
elle accueillait éprise, la blonde tignasse.
On l’y croyait
aspirer le sang imbu de la patrie,
On l’y voyait
inspirée du sans dessus-dessous de la vie.

Et ce désir qui rend les âmes folles.
Et ce plaisir qui cloue les armes au sol.

Qu’avait elle porté
au rang des indignités collectives ?
Qu’avait elle parlé
des injonctions qu’on s’invective ?
Un instant libéré
de ses occupations elle se défait,
Un instant libellée
des préoccupations, du bienfait.

Répétition, toujours.
Répétition, amour.

Moi c’est au son du fusain
que j’aurais voulu la croquer,
Mais c’est au son des fusils
qu’elle fût de force libérée.
Et même si la roue tourne
répétition, toujours
Et même si la rousse tourne
répétition d’amour.

Elle en avait pleuré
larmes perdues et coeur meurtri,
Elle en était écoeurée
boucles perdues, crâne dégarni.
Mais aujourd’hui elle en sourit,
la femme aux chutes dorées,
Mais aujourd’hui elle sourit
car elle ne subit plus,

La tyrannie des désirs ratés.

La femme chauve sourit

L’affront tiers

Comme le manque contemple son propre trou quand la belle est la bête, à ton beau ouvert tu as muré le désir d’îles en écoutille. Moi je nous regardais à travers le hublot de la guillotine et j’y voyais tous ces monts vides dans leur passage à l’acte béton. Par la suite, au moment morbide des délices d’union, pris d’une verticalité folle j’ai fermé la portière et je me suis mis à délirer dans mon lanceur-géostationnaire-orbital. De là-haut ma place avait revêtu son bel uniforme, mais ayant grandi en il est vilaine je me faisais la réflexion que la modernité ça materne idées. Quand je suis redescendu, l’empereur m’attendais à la place du même nom, mais je n’y ai trouvé que la promesse d’un autre trou. Ainsi, saison après saison – rancœur de l’hiver emmuré – je me répète doucement : qui prima verra.

L’affront tiers