La femme chauve sourit

Elle s’y était abandonnée
au corps musclé de l’envahisseur,
Elle l’avait enlacé
cet être mépris, créateur de terreur.
Parmi les siens
à qui de droit, elle fût jugée folasse
Parmi ses seins
elle accueillait éprise, la blonde tignasse.
On l’y croyait
aspirer le sang imbu de la patrie,
On l’y voyait
inspirée du sans dessus-dessous de la vie.

Et ce désir qui rend les âmes folles.
Et ce plaisir qui cloue les armes au sol.

Qu’avait elle porté
au rang des indignités collectives ?
Qu’avait elle parlé
des injonctions qu’on s’invective ?
Un instant libéré
de ses occupations elle se défait,
Un instant libellée
des préoccupations, du bienfait.

Répétition, toujours.
Répétition, amour.

Moi c’est au son du fusain
que j’aurais voulu la croquer,
Mais c’est au son des fusils
qu’elle fût de force libérée.
Et même si la roue tourne
répétition, toujours
Et même si la rousse tourne
répétition d’amour.

Elle en avait pleuré
larmes perdues et coeur meurtri,
Elle en était écoeurée
boucles perdues, crâne dégarni.
Mais aujourd’hui elle en sourit,
la femme aux chutes dorées,
Mais aujourd’hui elle sourit
car elle ne subit plus,

La tyrannie des désirs ratés.

La femme chauve sourit

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