Tunning

Apprivoisant l’ivresse au lieu d’apprivoiser les femmes
Sur le parking du Leclerc j’étais le fils de la prof d’Histoire
(une ombre au tableau dans mon armée de cauchemars)
La barre de mon optimiste à la main j’attendais le déluge
Je lui demandais de me pardonner de porter le masque de la laideur
Car cette nuit auprès de toi rendra la vivance de ce que toutes les autres ont perdues.
Mais tout s’est cassé la gueule,
Les mensonges de la bourgeoisie
La magnifique errance
La crasse et les clodos


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Août 2025 (31)

Tunning

Le comble du chat laid

Dans le pardon des masques,
Hurler l’appel à l’aide
Comme à la laideur
D’une lampe toute éperdue
Qui se matte à mort.
L’homme,
En bon mas
Cul toxique
Continue une écriture
Stécriture
Un mot
Le U des ratures éclatées.
À la lumière des moissons noires
S’inscrit la fraude des étoiles
Dans un slip déchiré.
C’est l’amarre
D’une pavane pleine de queues
Ou l’impossible à faire taire
Quelqu’un qui est déjà mort.

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Juillet 2025 (30)

Le comble du chat laid

Salem de Salamour

Quel jus sort de l’eau pressée
Malgré mon ventre gros de ton amour
J’étais laid chez les saints.
Tout ça part du pied
Et si la copie ne rentre pas dans le cadre
Ça change toute la différance
Ou quelque impasse.
Hors sujet, mais pas hors de propos
J’ai fait parler les morts
Avec mon corps en conséquence.
En quoi une lettre peut-elle servir à distinguer le lieu
De tous tes écrans noirs.
De joie à jolie se situe elle
Mes jambes enfin légères
Dans la mer morte.
Elle allongea la nuit tout au bout du monde,
Comme quoi les petites choses
Avec un peu de hauteur.

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Juillet 2025 (8)

Salem de Salamour

Faux Rome

Dans mon for sage œdipien
J’appréhendais les longs mois de l’ennui.
Heureusement
J’ai le pouvoir de me retirer
sur mon tapis roulant imaginaire
Où rien n’est prévu
Et où rien ne dépasse.
« Suis moi donc que je te quitte »
(la promesse d’aller nulle part)
Mais de ces moments manqués,
De ces espaces de flottement,
Surgissent
Des moments de création
Comme des potences de rencontre et d’imprévu.
Alors la corde aux pieds
Mat et lassée,
J’ai construit des châteaux de cartes
En attendant la brise de novembre

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Juin 2025 (12)

Faux Rome

Lys bleu

Je suis celui qui lie les bleus à l’âme au cou du père
Sous la pluie des crachats je nageais dans la mousse
À demi noyés les lanceurs de dés aux doigts percés

Dans l’ombre rouge des oliviers s’estombe le reflet des lys
Ici logent les granules de malices et la sensation de fin du monde
Ou la constitution d’un destin à la poursuite du chagrin

Pour continuer à vivre
Il faut du temps du temps et encore du temps
Un tant pestif dans le miroir sans s’en apercevoir

On y revient l’air de rien
Au liant qui désunis le soleil de mon étoile
Car par delà la brûlure électrique rien ne passe malgré les cicatrices

Et toi le père mort de fin
Tu ricanes sur les balustrades du Styx
Si seulement j’avais ton nom je pourrais crier ton pardon

Créatif ou créateur
Maladif ou prédateur
Colibri ou quolibet

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Novembre 2024 (20)

Lys bleu

Or d’eux

Père ne vois-tu pas que je brûle ?
Dans mon armure de guère
Loin des oripeaux des fardeaux
Je rêve d’accident
De morceaux de chair
Du gout du sang.
– 256 sur l’autoroute –
La sensation de joie avant la mort
Les structures de la démence
Une ombre noircie à la craie
Les plateaux de la défense.
Ici une figure d’impossible
Inhale la jouissance
Sans jamais dire son nom,
C’était bien la pénombre.

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Août 2024 (20)

Or d’eux

Mémé la lumière

Sur le chemin de la pisciculture je pensais à
tous ces thons que j’avais baisé sans tendresse
Je m’exaltais peu face à la banalité du monde
Face au désir sale
« Avec toi la vie est belle mon amour, la ville est
à nous »
Autant de fontaines que de femmes dans mon
parc à jus imaginaire.
Une heure de retard plus tard
Assise sur mon marégraphe, j’attendais que ça
monte
Mais c’était le quatrième jour et tout était fini
Je devais exploiter ma folie avec les fous,
entretenir la nécessité de cette position de tyran
alors j’ai fini par me jeter sous le train
Pourtant je voulais vivre.

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Juin 2024 (18)

Mémé la lumière

DÉMOCRACYSTITE

Le bruit blanc de l’eau caresse la face noire de la lune, le visage gonflé juste à l’instant noyé dans le virage d’une route invisible. La migration, la nourriture des poissons, la pourriture des garnisons. Le prix du fantasme de pureté, toute cette bouillie d’humanité ; aime les tiens, tape m’en cinq. Mais t’es qui connard ?


Au lendemain des regards sombres, certains pratiquent le décathlon des hécatombes et abreuvent un dieu d’amertume. Franchement c’est d’la bombe cette malestime. Partout autour de moi, je vois la haine, la haine, la haine et le film n’est pas beau à voir. J’entends dans les hauts parleurs les chants de la gloire morbide, la symphonie des charniers et le train sifflant que le travail rend libre. Jusque ici tout va bien mais faites vos jeux car rien ne va plus.


Alors, au réveil du rêve blanc, je contemple le mensonge d’état : liberté, égalité, fraternité ; ma cité a craqué. Regards en arrière, dix ans d’errance sur la mer Égée ; j’en ai pourtant tué des métèques, creuvé des yeux et déchiré des robes au nom de la paix. L’Histoire encore une fois inlassablement se répète, et moi pour une fois sobre, je me dégoûte de notre humanité.

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Juin 2024 (12)

DÉMOCRACYSTITE

Les coquelicots éternels se posent ainsi, caractériels sur les âmes esseulées. L’autre n’existe pas, je suis seul à tourner au noir, les ronds points, les copains, parfois les vagins, mes obsessions n’y concèdent rien. Renoncer à jouir, renoncer à espérer, carpe diem, deus ex, la vie m’échappe, les pines des roses m’écharpent.

Alors je le pose ici, face au soleil de nos envies, je contemple mon ennuie et je pense à la haine, aux reflux des refus qu’on s’inflige, je repense avec tendresse aux plissures de ta belle peau pourtant si sèche que le long des étangs j’ai voulu hydrater, avec ma langue j’ai lapé, lapé, lapé, lapé, je voulais te faire jouir encore alors que la métaphore me manquait si fort, pas autant que toi, figure toi, car tu es morte et cette décision définitive laisse les traces béantes du manque à être deux, du manque à être heureux.

La mer s’efface dans le désert, elle est inatteignable, imaginaire c’est indéniable, moi je me suis enfin réconcilié avec la mer qui charrie la mort, et le chemin, ce coup du destin, je le suis comme un lanceur de sorts tandis que les canaux de mon corps charrient les gouttes de sueur, de mouille, de sperme et de peur.

Je ne suis finalement qu’un corps, sexué sur le rivage.

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Avril 2024 (6)