Pleine l’une

Tandis que je marchais dans les flaques, je pensais à mon voisin qui se disait « c’est encore l’imbécile du 3ème. » et ça me rendait heureux. Si mon retour à la psychanalyse, à la théorie psychanalytique, se faisait par l’amour d’une femme. Après tout, c’est à quinze ans que j’ai découvert mon père du soir, léger et heureux. D’ailleurs, peu importe les insultes que la nuit se charge de déverser sur les âmes inconnues. Tu seras là à mon enterrement. Ou je serai là ton enterrement. Et c’est dans longtemps. Je ne me languis pas que ça arrive, car ça me terrorise. Mais je me languis de pouvoir me repasser le film avec tendresse.

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Décembre 2022

Pleine l’une

Tout catatonique que j’étais, je pensais dire à mon autre qu’elle est omniprésente, mais aurait-il su me l’entendre dire ? Pourtant partout les charniers, pourtant, partout son éternité, pourtant, partout, tout le temps. Quand je fume un joint, quand je joue, quand je travaille, quand je marche avant de m’endormir, quand je respire, et même ici, avec vous, alors que je suffoque.


Elle est ma fidèle passion, ma grande obsession, mon grand allié, mon seul amour. Je vous parle bien évidemment de la mort qui s’évade. N’en ayons pas peur, car à ne points la nommer, elle ne saurait se faire attendre.


J’y ai perdu ce qui faisait mon essence, mon existence et mon grain. Je ne suis plus un poète, je ne suis plus un humain. Je m’exécute comme une sentence imprononçable. Mais, muré dans le silence des morts, les mots m’en pleuvent à la bouche comme s’ils tombaient à jamais dans l’impénétrable festin. Celui des autres qui dévorent et vorent… et vorent encore. Ils y inventent des mots malsains. Courent ou crachent ce qui pourrait cacher leur destin et, entrainer à choir, comme on échoue d’un bras d’une île, ils broient du noir quand se fait entendre la fin.

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Janvier 2022

Tant de guère

Gosse de riche que j’étais, mais ayant aperçu la notion des choses, je perdais mon tant à tenter de le mesurer, car il m’échappait comme autant de choses.

J’avais beau être toujours à l’heure, je faisais ici appel à l’inutilité, à la possibilité de se perdre dans la profondeur du rouge comme ailleurs.

Car de mon humanité à la fourmilière il a suffit d’une seconde atomique, du bruissement de gorge de ma nébuleuse à l’éventement des sulfateuses.

Nous sommes en guerre mon ami, et de ce rouage infernal je n’entends que le tic-tac interminable de tous ces « à temps » qui se succèdent et s’écoulent en murmures comme le sable lié des années.

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Octobre 2019

Tant de guère