Les trahisons du soleil

Ma vie n’est finalement faite que d’une longue nuit qui se succède à elle-même, les chiens errants, l’ennui du succès.
Heureusement l’amour résiste toujours et sur le fil du rasoir de mes échecs, je marche sans avoir réussi à m’en taillader les veines.
Le coeur est gros du vide qui s’y est immiscé lors d’une période perdue, cette enfance dont on a à jamais jeté la clé.
L’enivrement de la joie, face à la tristesse des bukkakes. S’enticher d’autres cultures sans jamais savoir de qui on nait.
J’ai lu des livres, j’ai ri, j’ai pleuré. J’ai lu des livres pendant que mon père me frappait. J’ai ri, j’ai pleuré.
Dehors il tombait des hallebardes, triste métaphore qui recouvre mal la réalité du charnier qui nous entaille les yeux et fait exploser nos culpabilités assouvies.
Souvent le ciel du sud me heurte, je n’y vois que des ratés, la mélancolie de la mer, la mélancolie du bleu.
L’immobilisme de ce beau temps jamais ne passe, il est sans audace et sans reflet sur nos godasses aux lacets délavés.
Alors parfois je marche, je cherche les fils de la destinée, alors parfois je marche et ce faisant je tisse mon chemin de désirs insatisfaits.

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Décembre 2023 – Janvier 2024

Les trahisons du soleil

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