DÉMOCRACYSTITE

Le bruit blanc de l’eau caresse la face noire de la lune, le visage gonflé juste à l’instant noyé dans le virage d’une route invisible. La migration, la nourriture des poissons, la pourriture des garnisons. Le prix du fantasme de pureté, toute cette bouillie d’humanité ; aime les tiens, tape m’en cinq. Mais t’es qui connard ?


Au lendemain des regards sombres, certains pratiquent le décathlon des hécatombes et abreuvent un dieu d’amertume. Franchement c’est d’la bombe cette malestime. Partout autour de moi, je vois la haine, la haine, la haine et le film n’est pas beau à voir. J’entends dans les hauts parleurs les chants de la gloire morbide, la symphonie des charniers et le train sifflant que le travail rend libre. Jusque ici tout va bien mais faites vos jeux car rien ne va plus.


Alors, au réveil du rêve blanc, je contemple le mensonge d’état : liberté, égalité, fraternité ; ma cité a craqué. Regards en arrière, dix ans d’errance sur la mer Égée ; j’en ai pourtant tué des métèques, creuvé des yeux et déchiré des robes au nom de la paix. L’Histoire encore une fois inlassablement se répète, et moi pour une fois sobre, je me dégoûte de notre humanité.

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Juin 2024 (12)

DÉMOCRACYSTITE

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