Les coquelicots éternels se posent ainsi, caractériels sur les âmes esseulées. L’autre n’existe pas, je suis seul à tourner au noir, les ronds points, les copains, parfois les vagins, mes obsessions n’y concèdent rien. Renoncer à jouir, renoncer à espérer, carpe diem, deus ex, la vie m’échappe, les pines des roses m’écharpent.

Alors je le pose ici, face au soleil de nos envies, je contemple mon ennuie et je pense à la haine, aux reflux des refus qu’on s’inflige, je repense avec tendresse aux plissures de ta belle peau pourtant si sèche que le long des étangs j’ai voulu hydrater, avec ma langue j’ai lapé, lapé, lapé, lapé, je voulais te faire jouir encore alors que la métaphore me manquait si fort, pas autant que toi, figure toi, car tu es morte et cette décision définitive laisse les traces béantes du manque à être deux, du manque à être heureux.

La mer s’efface dans le désert, elle est inatteignable, imaginaire c’est indéniable, moi je me suis enfin réconcilié avec la mer qui charrie la mort, et le chemin, ce coup du destin, je le suis comme un lanceur de sorts tandis que les canaux de mon corps charrient les gouttes de sueur, de mouille, de sperme et de peur.

Je ne suis finalement qu’un corps, sexué sur le rivage.

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Avril 2024 (6)

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