La vie a un début puis une révélation silencieuse dont personne ne sait que faire. Elle est prétentieuse pernicieuse et ma foi, malgré tous mes sortilèges, tout le monde est mort. Parfois il neige alors que le piano frappe car toutes les bites niquent les sacrilèges. Comment enfin être seul, ceci est ma seule question, ma seule envie.
Se heurter sans se blesser aux rebords simples du fait d’être en vie, la journée jamais n’y répond car tout effondré que je suis ces choses se passent la nuit. Le soleil ne répond pas à mes envies. Il n’apporte que la morosité et l’ennui. Alors je fuis obstinément ce que je suis : un être habité de monotonie. Après tout le proverbe le disait : à chacun sa tristesse comme chacun fait son lit.
J’y entends pourtant encore toutes les touches qui se touchent et relancent à l’infini les regards comme inassouvis. Ils chantent avec amertume l’imperception de la déception que sont nos vies. Nous avions pourtant promis la fin des intersections comme celle des désirs assombris. Quelle idée impertinente, impétueuse, d’avoir cru faire taire à jamais nos entremetteuses.
Portant tout comme j’étais dans mon errance folle, je chantais bien le créole et tentais dans une autre langue d’invoquer nos monstres, nos trolls. Mais c’est bien au bord du précipice que j’ai finalement pris le temps, celui-là même qui d’habitude arrête et contemple tous ce qui s’immisce à tenter d’y être.
Alors, debout comme on débute une assise j’ai porté en elle le fantasme de ceux qui démontent les idées nauséabondes des cris meurtris. C’est enfin en regardant un jour le ciel que je me suis dis : quand je serai grand j’écrirais sur la nuit.
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Avril 2023 (25)
