Tout catatonique que j’étais, je pensais dire à mon autre qu’elle est omniprésente, mais aurait-il su me l’entendre dire ? Pourtant partout les charniers, pourtant, partout son éternité, pourtant, partout, tout le temps. Quand je fume un joint, quand je joue, quand je travaille, quand je marche avant de m’endormir, quand je respire, et même ici, avec vous, alors que je suffoque.


Elle est ma fidèle passion, ma grande obsession, mon grand allié, mon seul amour. Je vous parle bien évidemment de la mort qui s’évade. N’en ayons pas peur, car à ne points la nommer, elle ne saurait se faire attendre.


J’y ai perdu ce qui faisait mon essence, mon existence et mon grain. Je ne suis plus un poète, je ne suis plus un humain. Je m’exécute comme une sentence imprononçable. Mais, muré dans le silence des morts, les mots m’en pleuvent à la bouche comme s’ils tombaient à jamais dans l’impénétrable festin. Celui des autres qui dévorent et vorent… et vorent encore. Ils y inventent des mots malsains. Courent ou crachent ce qui pourrait cacher leur destin et, entrainer à choir, comme on échoue d’un bras d’une île, ils broient du noir quand se fait entendre la fin.

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Janvier 2022

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